Jean Dujardin: l'humour à froid

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Jean Dujardin: l'humour à froid

Message  Admin le Mer 18 Aoû - 22:59

BERTRAND BLIER A CHOISI JEAN DUJARDIN POUR JOUER SON DERNIER FILM LE BRUIT DES GLAÇONS, UNE COMÉDIE BURLESQUE. RENCONTRE EN FORME DE JOUTE ENTRE CES DEUX PROFESSIONNELS DU RIRE, GRINÇANT ET ANTICONFORMISTE POUR L’UN, TRUCULENT ET ÉNERGÉTIQUE POUR L’AUTRE.
Paru le 14.08.2010 , par Propos recueillis par Elisabeth Gouslan
Dans le patio du Fouquet’s arrive le drôle de tandem. Jean Dujardin commande une eau minérale ; son metteur en scène, Bertrand Blier, un jus de pamplemousse. Nous voici loin du Bruit des glaçons (1), comédie enlevée où un homme reçoit la visite de… son cancer, et où Jean Dujardin, écrivain égocentrique, consomme cinq bouteilles de blanc par jour ! Complicité feutrée, duels de vannes : entre ces deux-là, le courant passe. Dujardin a trouvé son mentor, l’homme qui lui fait franchir le Rubicon du cinéma d’auteur. Il existe d’illustres antécédents : Depardieu, Delon et même Coluche. Les verres s’entrechoquent, les langues se délient, dans le bruit des glaçons…
Madame Figaro. – Prendre le sujet le plus macabre qui soit – le cancer – et le transformer en farce, en comédie euphorique, c’était un pari, un challenge ?
Bertrand Blier. – À vrai dire, je n’ai pas réfléchi à tout ça. Je suis ravi qu’il produise de l’euphorie de surcroît. J’avais juste une première phrase qui disait : « Bonjour, je suis votre cancer, il faut que nous fassions connaissance. » C’est ce que j’avais.
Jean Dujardin. – Ah oui, c’est terrible comme première phrase !
Peu à peu, les choses s’arrangent…
B. B. - Oui, on peut dire quand même que Jean Dujardin a un cancer mais qu’il s’en sort : on sait que les gens n’ont pas envie de le voir mourir dans d’atroces souffrances !
Si le héros mourait à la fin, sans le happy end, auriez-vous accepté ce rôle ?
J. D. - Je ne sais pas… En tout cas, on en aurait discuté. C’est tout de même un projet spécial et drôle. On avait l’impression d’être de sales gosses dans un chantier interdit. Que ce sujet très scabreux ait été financé relève du miracle !
Ce Charles Faulque, cet écrivain monstrueux d’égoïsme, c’est vous, Bertrand Blier ?
J. D. - C’est marrant, j’ai l’impression que tout le monde croit que c’est toi…
B. B C’est un vieux débat ! Évidemment que c’est moi, mais je suis aussi les trois femmes du film. Quand on s’implique en tant qu’auteur, on se projette dans tous les personnages.
Égocentrique et rendant son entourage malheureux…
B. B. - Oui, sans doute, c’est l’un des personnages de mon cinéma le plus proche de moi.
J. D. – Et d’ailleurs, il est particulièrement attachant…
B. B. – Oui, puisque c’est moi.
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